
C’est ici non plus la pomme symbole de ferti- lité qui est évoquée mais la pomme d’Adam, qui apparaît à l’adolescence. La légende ra- conte que si Eve parvint à avaler son morceau de fruit défendu sans aucun mal, celui d’Adam resta coincé dans sa gorge.
« J’ai voulu avec cette série explorer l’identité masculine dans une période de transition à la fin de l’adolescence. Quand et comment le garçon devient-il homme ? Quels sont les signes de cette transformation ? En quoi est-elle différente des générations précédentes ? J’ai réalisé cette série principalement à Saint-Pétersbourg où une nouvelle génération de Russes émerge. Elle est née au moment où l’Union Soviétique s’effondrait. Fils de la nouvelle classe moyenne, ces jeunes Russes ont aujourd’hui vingt ans et sont aux antipodes de leurs aînés : ils viennent des quatre coins de Russie et ont choisi Saint-Péters- bourg comme lieu de leur nouvelle vie. En rupture de ban par rapport à une Russie empêtrée dans le poids de ses appareils, ils sont résolument modernes, tournés vers l’art et la culture, connectés avec le reste de la planète, et ils s’ap- proprient les codes du monde en marche. Ce nouvel « homme nouveau » qui se définit là-bas est un des témoins des mutations de notre temps ».
Claudine Doury, photographe française, explore pendant de lon- gues années la culture des peuples autochtones de Sibérie. Au fil des années, son travail évolue vers une pratique plus intime. Avec la série Sasha, Claudine Doury explore la fin de l’enfance de sa fille, et questionne avec L’homme nouveau l’identité masculine. Documentaire et fiction se mêlent et s’articulent autour de la no- tion centrale de son travail : le passage du temps, la mémoire et l’identité. Elle est lauréate du Prix Leica Oscar Barnack (1999), du World Press Photo (2000), du Prix Niépce (2004) et du Prix Marc Ladreit de Lacharrière – Académie des Beaux-Arts (2017). Claudine Doury est représentée par la galerie In Camera à Paris et est membre de l’agence VU’.