
Ici,le motif de la pomme, omniprésent, se décline en trois dimensions : il symbolise à la fois le désir et la tentation, l’ironie face aux mythes classiques et la vitalité d’un fruit défendu réinventé.
Cette exposition présente une série unique de broderies sur toile de jute, un support brut qui contraste avec la finesse des fils colorés. Le titre fait référence à une interprétation personnelle du chef-d’œuvre de Rubens, *Le Jugement de Pâris*, où le personnage de Pitangola devient la figure centrale. Pitangola traverse l’ensemble de l’exposition, apparaissant dans presque chaque œuvre comme un fil conducteur narratif. À travers ces créations, mythologie et sur- réalisme moderne se rejoignent pour offrir une expérience immersive, joyeuse et profonde qui s’apparente à l’art brut. Inventée par Jean Dubuffet en 1945, la notion d’art brut renvoie non seulement à des œuvres mais aussi à un état d’esprit : promouvoir les pratiques artistiques extérieures à la culture officielle, anticlassiques, antibourgeoises, autodidactes, populaires, spontanées. L’art brut se caractérise par sa diversité (dessins, sculptures, peintures, broderies…) et la dimension personnelle et souvent autobiographique des œuvres réalisées, par- fois oniriques et féériques, parfois angoissantes et violentes. On peut le rappro- cher par certains aspects de l’art singulier. Nouli Omer décrit son travail comme « indépendant et personnel, affranchi de tout courant, libre de tout engagement envers un groupe ou un mouvement, où humour et grotesque font partie des moyens d’expression ».
Née en 1960, artiste pluridisciplinaire, Nouli Omer vit et crée à Tel Aviv. Dans le do- maine des arts visuels, elle se concentre ces dernières années sur la broderie, la peinture sur assiettes et les assemblages. Écrivaine, poète, ancienne stand-upeuse, elle a, depuis 1998, exposé en Israël, en France et en Italie, tant lors d’expositions personnelles que collectives.